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« médiathèques entre mecs | Accueil | pensées désordonnées d'une tête embrumée »

22 septembre 2006

Commentaires

le passant

J'aimerais bien que tu m'expliques cette phrase : «le conflit entre le capital et le travail n’est donc pas aujourd’hui celui d’un partage de la valeur ajoutée mais celui d’un partage du risque».

Au niveau du partage de la valeur ajouté :
dans le capitalisme de production,une augmentation de la valeur ajoutée conduisait pour le salarié à une possible demande de sa "part du gâteau". Dans le capitalisme financier, il apparait qu'une augmentation de la valeur ajoutée ne profite plus aux salariés mais aux actionnaires. Ce n'est pas que le conflit n'existe plus, c'est que les salariés (des pays riches du moins) étant de moins
utiles à cette progression de la valeur ajoutée, le rapport de force joue en leur nette défaveur.
Quant au partage du risque, s'il s'agit de faire porter à toutes les parties en jeu, le financement d'une sécurité sociale professionelle, pourquoi pas mais j'ai parcouru (rapidement) le rapport des économistes en question et je n'ai rien vu sur la participation de l'actionnariat au finacement de cette mesure.

FrédéricLN

Sur le risque, justement, Daniel Cohen, "Trois leçons ..." :
"La révolution financière des années 1980 change les principes d'organisation des firmes. [L'actionnariat étant devenu mobile,] ... il lui suffit, pour diversifier son risque, de détenir [des actions de sociétés de secteurs divers]. Dans un renversement copernicien des fondements mêmes du salariat, ce sont désormais les salariés qui subissent les risques, et les actionnaires qui s'en protègent".

On peut comprendre sur cette base la recommandation de préférer l'entrepreneuriat non financier, tel que celui de l'économie solidaire. Ou encore celui des collectivités locales, très à la mode dans le Tiers Monde.

Mais, d'accord avec aymeric, ce Manifeste me gêne un peu pour la discrimination négative qu'il entraîne à l'égard des entrepreneurs individuels, familiaux, qui représentent la grande majorité de la création d'emplois, de la création de richesse, de l'innovation.

Etre solidaire, avoir une autre finalité que le seul profit, cela doit-il être réservé à une caste particulière d'entreprises à chouchouter ? Ou cela doit-il être une exigence citoyenne concernant toutes les entreprises ?

le passant

Je ne suis pas en désaccord avec ce que vous dites sur l'entreprenariat individuel ou familial. Je connais deux filles qui ont quitté leur boulot pour monter un bar -restaurant où elles ont crée une atmosphère très conviviale. C'est une entreprise qui n'est pas guidée par le seul profit : elles gagnaient mieux leur vie avant. Ceci dit est-ce réellement cela la réalité de l'entreprise. Quelle la part dans le PNB de ces entreprises de - de 5 salariés. Et quelle est leur poids dans l'économie mondiale. On met souvent dans la catégorie PME des choses fort différentes et comme le rappelait Besancenot (dont je ne partage pas l'utopie communiste pour que les choses soient claires) lors d'un débat sur LCP avec un représentant de croissance plus, beaucoup de ces petites entrprises sont en fait des sous-traitantes de plus grosses et n'ont donc guère d'autonomie économique. Sans compter une parie du secteur de l'hotellerie -restauration (excepté mes deuc copines ) où le moins qu'on puisse dire c'est que les salariés ne sont pas très bien traités.

Denys

Oui, en effet, "l'économie solidaire", combien de divisions ? Et, accessoirement, quelle rentabilité ?

Quant à prétendre que l'actionnaire ne connaît plus le risque parce qu'il est aujourd'hui plus qu'hier en mesure de le répartir, c'est une double ineptie. D'abord parce que cela n'a rien de neuf, et que c'est la base de toute stratégie d'investissement, fût-elle conduite par son notaire de famille, ensuite parce que cela ne protège en rien de l'incertitude, les bourses mondiales ayant désormais la fâcheuse habitude de plonger de concert et parfois, comme on l'a vu entre septembre 2000 et mars 2003, cette pire crise boursière depuis 1929 que tout le monde semble avoir opportunément oubliée sauf, sans doute, ceux qui n'ont pas encore récupéré leurs pertes de l'époque, à des profondeurs abyssales.

Ah oui, et le capitalisme non financier, j'aimerais bien qu'on m'explique, aussi.

le passant

"Ah oui, et le capitalisme non financier, j'aimerais bien qu'on m'explique, aussi."

La formule est évidemment ambigüe. Par définition le capitalisme a besoin de finances. Elle veut simplement décrire l'endroit où s'exerce le pouvoir. Je citerai ici l'économiste René Passet :

"Ce capitalisme financier, comme tout système de pouvoir, impose sa logique. La logique d’un système découle toujours d’un rapport de pouvoir. Là où vous avez comme dans les années 30 un cadre national où les agents dominants sont les syndicats ouvriers, les entrepreneurs capitalistes sous l’arbitrage de l’Etat, vous avez une certaine forme du capitalisme. De nos jours, le pouvoir s’est déplacé et vous avez la finance qui domine tout, vous avez une autre logique qui s’impose et elle est totalement différente de la précédente."

aymeric

Juste deux petites remarques :
- le "partage du risque" ne se limite pas à la confrontation entre les travailleurs et les détenteurs du capital, mais comprend aussi les différences entre les travailleurs eux mêmes. La "sécurisation des parcours professionnels" suppose donc, à la fois une réforme des institutions chargées du traitement du chômage et un mouvement vers la suppression de tous les différents statuts d'emplois (en allant vers un contrat unique pour faire court).
- une partie du financement de "sécurité sociale professionnelle" pourrait s'inspirer du système bonus/malus existant aux Etas-Unis qui s'appuie sur une taxation des entreprises qui licencient.
Je compte revenir sur tout ceci un peu plus en détail d'ici quelques temps de toutes manières.
Ah, et merci à vous chers commnentato-débateurs.

le passant

Juste deux petites remarques :
- le "partage du risque" ne se limite pas à la confrontation entre les travailleurs et les détenteurs du capital, mais comprend aussi les différences entre les travailleurs eux mêmes. La "sécurisation des parcours professionnels" suppose donc, à la fois une réforme des institutions chargées du traitement du chômage et un mouvement vers la suppression de tous les différents statuts d'emplois (en allant vers un contrat unique pour faire court).

C'est ce que j'avais crû comprendre et c'est justement ce que je reproche à ce genre de réflexions. De réfléchir aux conséquences plutôt qu'à la cause.

Snorki

j'ai du mal à saisir la notion de capitalisme non financier.
Mais la caricature du capitalisme est insupportable. Le capitalisme est oppresseur,créateur de tous les maux de cette terre, un peu ras le bol de ces amalgames! hier, j ai lu sur le blog fillon un commentaire avec le lien vers le site de perben, car je suis pas resté insensible à ce blog là. On sent qu'il le considére comme un vrai média.
Faut qu'on fasse des comm.
http://perben.blogspirit.com

le passant

"j'ai du mal à saisir la notion de capitalisme non financier."
Il me semble que je me suis expliqué sur cette distinction dans mon pré-précédent commentaire. Comme tous les concepts (et j'en reviens à la glossologie chère à notre hôte) celui-ci n'a d'existence qu'en regard de ce à quoi il s'oppose. Opposer "capitalisme financier" (CF) et "capitalismle non-financier" (CNF), c'est identifier un certains nombre de phénomènes économiques CF comme identiquement différents d'autres phénomènes économiques CNF.Ce qui importe, c'est de rendre compte du critère de différenciation et non pas de l'appellation (on pourrait différencier un "capitalisme zorglub" d'un "captalisme oulahoup"). Selon René Passet, c'est l'endroit où s'exerce le pouvoir qui est le critère de différenciation ou plus exactement le lieu d'équilibre du rapport de force. Cette opposition n'a à mon avis de valeur que sur le plan de la stratégie politique.Au niveau explicatif (sociologique donc), c'est des mêmes processus de conflit d'appropriation de la valeur ajoutée dont il s'agit. C'est d'ailleurs amusant de constater (je suis tombé par hasard là-dessus sur le net), c'est que certains trotskistes orthodoxes reprochent à la LCR de cautionner cette différence entre CF et CNF alors que pour eux, tout ça c'est pareil : Snorki, Denys, Besancenot, même combat?

FrédéricLN

bon, puisque j'ai parlé de "capitalisme financier" ... je voulais parler de "capitalisme sur les marchés financiers".

Par opposition, si vous investissez dans une SARL, vous êtes bien "capitaliste", vous y mettez certes "vos finances", et vous en espérez certes un rendement le plus élevé possible (toutes choses égales par ailleurs). Mais vous ne pouvez sortir (vendre vos parts) que dans des conditions restrictives, et en subissant une taxation assez élevée. Vos parts ne sont pas "liquides", elles ne sont pas utilisables sur un marché financier.

Le fait que la société soit anonyme, que les titres soient en bourse, que les bourses soient informatisées, que les produits dérivés sur actions se multiplient, est un "système technique financier" dont l'existence a un certain nombre de conséquences pour la réussite durable de l'entreprise, au regard de ses objectifs internes de réussite, comme au regard du bien collectif. Ces conséquences sont bien connues et documentées (facilité accrue de lever des fonds pour investir, attention moindre portée aux conséquences à long terme des investissements, obligation légale d'informer allant dans le sens transparence accrue sur l'entreprise, mais incitation à la dissimulation des informations négatives si les dirigeants sont détenteurs d'actions voire 'pire' de stock-options, etc.)

le passant

Interessante remarque...
techniques financières différentes effectivement. Mais du coup les équilibres au niveau des pouvoir des pouvoirs sont également différents. Je suppose que le détenteur de parts, s'il est aussi captif dans une SARL a moins de pouvoir de pression que le détenteur d'actions dans une S.A.

Quitterie Delmas

Merci les amis, vous m'avez confortée dans ma volonté...de le signer ! Oui, comme vous, je ne suis pas fan de 100% des 10 propositions. Mais dans l'ensemble, ce manifeste va pour moi dans le bon sens. Un exemple : au sujet commerce équitable : on entend parfois certaines critiques, dûes à la multiplicité des acteurs, à leur capacité à se ranger sous des normes internationales, à homogénéiser leur communication etc... Il est clair que cette filière a encore des progrès à faire. Pourtant ce pari sur la création de nouvelles filières économiques, soumises à de nouvelles règles du jeu mérite d'être tenté et porté. Petit parallèle politique : quel maillon de la chaîne politique est fiable aujourd'hui notamment dans nos institutions ? On ne peut selon moi, développer une vision politique nouvelle, comme on le fait par exemple à l'UDF, en sortant du cadre conventionnel et habituel et ne pas laisser une chance à ce type d'initiative ! Et si, certains points de ce manifeste changeaient les règles du jeu économique et social... Vous l'aurez compris, c'est par le biais de mon très formateur passage professionnel dans ce milieu du changement des pratiques que j'en suis venue à m'engager en politique. Alors 100 % oui, il faut le tenter et le mettre en pratique, au quotidien, et si par bonheur on est élu, alors il faut l'étendre partiellement ou pleinement, cela dépend de chacun et de ses choix citoyens et politiques.

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