Face à l'UMPataquès, il peut y avoir autant de réactions qu'en nous cohabitent d'identités.
Le Spectateur applaudit, reprend du pop-corn, et passe d'une chaine d'informations continues à l'autre.
Le Citoyen ronge ses sangs républicains.
L'UMPartisan se désespère et blâme celui des deux qui na pas eu sa voix, à moins, suivant la tendance bordelaise, qu'il ne rejette équitablement la faute sur les deux dans un grand mouvement de reproches paritaire.
L'UMPhobe, lui se marre et se ressert du champagne entre deux poignées de pop-corn piquées au Spectateur.
Ensuite, on y va de sa petite analyse.
Analyse dont la pente dépendra des rapports de force entre les identités sus-citées ou d'autres.
Analyse qu'il ne nous restera plus qu'à déverser sur l'un des ces nombreux comptoirs virtuels qui prolifèrent aussi vite que ferment ceux bâtis en dur.
Parmi celles-ci, Raveline se distingue avec un billet long, brillant, bardé de références - du Raveline, quoi.
A gros traits le thermidorien qui, au passage, tente de nous faire croire qu'il est de droite, voit dans le barnUMP l'illustration d'une certaine tendance des partis français : la génuflexion devant le grand homme - providentiel ou non - et la stricte limitation à la fonction de tremplin (pour les présidentielles, bien sûr).
je n'y avais pas pensé avant.
Et, du coup, je pense à peu près l'inverse.
Ce que je vois, moi, c'est un parti qui se rebiffe.
Si les militants avait obéi à la seule logique présidentielle, ils auraient consacré le favori des sondages et mis à leur tête le mieux placé dans la course hippique 2017, celle dont le départ fut sonné le 23 avril dernier.
Et ben non.
Plus qu'un candidat, il faut croire que le militant UMP était à la recherche d'un représentant, quelqu'un qui incarne ce pour quoi il s'est fait débiter de 25€.
Pas pour cette fois le choix de la paire de pompes qui foulera le tapis rouge, non monsieur.
Ce qu'il veut, le distributeur de tracts, c'est un nouveau « pacte militant » pour une UMP forte, comme ils disent du côté des vainqueurs à tribord toute.
Des principes.
De l'identité, cette obsession.
C'est assez drôle que ce soit l'UMP, précisément construit comme un marchepied pour le pouvoir, qui se mette à négliger sa raison d'être pour se préoccuper des ses autres missions de parti : la représentation et le regroupement autour de valeurs.
Je pense que cette analyse est tout à fait juste, mais repose sur des présupposés différents des miens (du reste, nos deux réflexions sont, je crois, moins antithétiques qu'elles n'y paraissent au premier abord, mais je t'avoue que j'ai un peu la flemme d'en faire la synthèse !).
- A mes yeux, les partisans de Copé sont encore dans une mystique Sarkozy, tant le style du candidat rappelle celui de l'ancien Président. J'ai le sentiment que leur analyse diverge sur la stratégie à mener pour emporter l'Elysée plus que sur le fond : vois-tu tant de différences idéologiques entre Copé et Fillon, au fond ? Authueil affirme qu'il y en a, mais j'ai un peu de mal à les voir. Je sais qu'il y a l'argument des sondages, mais un sondage, ça évolue : la preuve, le bon résultat de Copé.
- Je parlais plutôt du parti comme force parlementaire que comme groupe de militants, et l'essentiel de mon propos était de souligner qu'un parti parlementaire qui vit grâce à son chef de l'exécutif, au lieu de ce que soit le chef de l'exécutif qui doive sa position à son parti, crée une situation de désarroi une fois qu'il faut remplacer le chef.
Ceci dit, même avec des présupposés différents, je dois dire que ton analyse est assez séduisante, et que c'est sans doute le mépris considérable que je voue aux militants de manière générale (et sans doute, un peu, à ceux des partis de gouvernements de façon plus particulière) qui m'a empêché de suivre ce raisonnement. Je m'empresse donc de garder cette vision des choses en tête.
J'ajoute que j'apprécie d'autant plus cette vision qu'elle est exprimée avec concision, simplicité et sans pédanterie - contrairement à mon billet dont tu as gentiment maquillé les défauts avec des adjectifs laudateurs, mais qui a tous les défauts de mon style : longueur, lourdeur, et étalage permanent de culture.
Je te souhaite un excellent week-end !
Rédigé par : Raveline | 24 novembre 2012 à 16:33
J'insisterais bien pour te dire à quel point tu te trompes sur les qualités de ton propre billet (de tes billets en général), mais j'ai peur qu'on se moque encore de nous.
Excellent week-end itou.
Rédigé par : aymeric | 24 novembre 2012 à 20:00