Un festin en Paroles : un livre qu’il
était temps de finir.
Sensible à ce que je lis : quand ça
cause cuisine, ça décuple mon appétit ; un peu plus et je bourreletais
conséquemment je crois.
Revel tente, le fol ambitieux, de retrouver
le goût de ce qui se mangeait il y a 200, 500, 1000, 2000 ans. Et c’est
parfois diablement efficace.
Avec des inconvénients du coup :
certaines des habitudes alimentaires des temps anciens (l’accumulation
des épices en tous genres, l’utilisation intensive de fumigations pendant
le repas, le vin allongé d’eau de mer) font passer de brèves nausées. Mais
je crois que tout un chacun devrait davantage saliver qu’autre chose à
lire cette petite (300 pages) "histoire littéraire de la sensibilité
gastronomique de l’Antiquité à nos jours."
.
Un bon bouquin donc, même si, comme
souvent avec Revel, je ne peux m’empêcher de couper mon admiration d’un
peu d’agacement.
Globalement, j’aime le sceptique attaché
au factuel, j’applaudis le juste affranchi des coteries, et je sais me faire
petit devant le colosse d’érudition.
Seulement, peut-être injustement fine
bouche, il y a toujours eu un je ne sais quoi dans ses écrits (un ton parfois
un rien trop cassant, une série de cinglances là où j’aurais espéré davantage
de nuances) qui me gâte un tout petit peu le plaisir.
J’ajoute que, malgré ce que j’ai
pu en lire ailleurs,
sa phrase me sonne parfois fort désagréablement à l’oreille.
.
Mais, ces préventions dévoilées, je peux pourtant vous garantir que c’est sans masochisme aucun que je retourne régulièrement à lui car je serais bien bête de ne pas passer outre ces petites réticences et ainsi me priver de tout ce que Revel a encore à m’apprendre.
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