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27 février 2008

de la réaction architecturale ou la défense de la meringue

LeplessisrobinsonFace aux formules à l’emporte-pièce, je balance constamment entre l’agacement et la fascination.

Une phrase définitive et bien sentie, même si sujette à d’infinies discussions ou contestations, vous clôt un sujet de manière pas très honnête, certes, mais ça vous a quand même une sacrée gueule.

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Il ya quelques mois, je citais, assez enthousiaste, une sentence de l’Amateur (qui m’a bien l’air perdu pour les blogs hélas) :

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« La musique, la sculpture, la peinture, la poésie contemporaines (je veux dire, au cours des cent dernières années) provoquent le plus souvent en moi stupeur, agacement, consternation, bien trop rarement joie et délice. En revanche, la proportion est exactement inverse en ce qui concerne l'architecture et je hasarde même à penser - donc à écrire ici - que le XX° siècle restera peut-être dans la mémoire des Hommes comme celui d'une autre renaissance architecturale. »

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Sans doute parce que j’ai été très marqué, plus jeune, par la lecture d’Hirschmann et par son principe d’auto-subversion, je voudrais aujourd’hui relayer un excellent article venant du blog de coste-orbach et dans lequel, à rebours de la déclaration ci-dessus, les auteurs se demandent qui aujourd’hui peut bien aimer l’urbanisme contemporain.

Partant du constat paradoxal que « nous voyons constamment nos urbanistes les plus novateurs du moment se loger ou travailler dans les quartiers les plus anciens », ils en viennent à s’intéresser au mouvement dit du « new urbanism » - créé en réaction à la charte d’Athènes - et plus précisément, à l’une des réalisations françaises qui s’en inspire : la reconstruction du Plessis-Robinson.

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Amusant de lire ce quasi éloge, parfois embarrassé, d’un projet tournant volontairement le dos à l’architecture contemporaine et dont « l'architecture la plus avancée ne dépasse pas ici ..., disons le XIXème siècle pour faire court. »

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Et comme elles sont agréables ces lignes flattant presque le mauvais goût de quelqu’un qui, comme moi, n’est pas insensible aux meringues architecturales du genre ce celles que l’on trouve du côté de Sintra.

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Voici les sites qui parlent de de la réaction architecturale ou la défense de la meringue :

Commentaires

Hasard d'un emploi depuis longtemps abandonné, il se trouve que je connais fort bien Le Plessis-Robinson. Et je dois dire que je ne trouve pas ça ridicule, ni drôle, ni insolite mais, tout simplement, oppressant.
On ne peut pas, en circulant dans ses rues piétonnes, entre ses façades classiques avec breloques aux carrefours, ne pas penser à Portmeirion, par ailleurs autre exemple de pastiche étendu à l'échelle d'un village, dans sa dimension architecturale, comme dans la dimension symbolique du Prisonnier. Comme dans certaines rues du XVIIème arrondissement où l'on passe du médiéval à l'hispanique, puis au vénitien avant de revenir à la renaissance, l'impression est celle d'une complète désorientation, moins spatiale que temporelle puisqu'on sait bien qu'aujourd'hui, on ne construit pas comme ça.

Alors, au Plessis-Robinson, impossible d'ignorer qu'on vous ment : si c'est l'architecture d'un Disneyland, ce n'est pas seulement pour des raisons esthétiques, mais parce qu'on imagine bien, comme à Disneyland, aussi bien d'ailleurs que dans les espaces civilisés de l'excellent Denis Baupin, que la contrainte des formes est à l'image de celle des esprits. J'aimerais bien savoir qui sera admis à habiter là-dedans, à quoi les occupants devront s'engager (remarque, les habitants du Nemausus de Jean Nouvel s'étaient bien engagés à ne pas modifier l'aspect de leurs murs de béton brut parfois décorés des "interventions" de François Seigneur, mais ça m'étonnerait que Jean Nouvel ait été surpris qu'ils ne respectent pas leur contrat) et accessoirement comment seront sélectionnés les occupants des HLM. Non, si Le Plessis-Robinson ressemble à quelques chose, c'est à ces fameux quartiers réservés et barricadés destinés à certaines catégories sociales. Le fait qu'il n'y ait pas de grilles autour ne change fondamentalement rien.

(euh sinon, moi, Rive Gauche, en particulier dans les immeubles de Frédéric Borel, je signe quand on veut ; c'est juste une question de prix)

Merci, bourgeois du cinquième, de votre critique. :-)

J'ai aimé votre vision de notre article comme un "quasi éloge, parfois embarrassé". C'est bien vu genre vrai. Parce que j'ai été élevé au béton de Le Corbusier, cet article a été le plus compliqué à faire pour nous. Vous l'avez ressenti.

@ Denys,

Oui le Plessis Robinson est "oppressant", mais il ne peut être critiqué sur ce point car les quartiers d'urbanisme moderne ne le sont pas moins: Une tour ou une barre d'immeuble répétée plus de trois fois, c'est toujours lourd.

Quand au prix des immeubles de F. Borel, je constate que les prix dans les quartiers anciens de Paris sont très élevés également. Le critère de choix n'est pas là.

Bien à vous.

Mon plaisir...

Pour l'Amateur, tu le retrouveras en lien chez Guillaume http://mesbouquinsrefermes.hautetfort.com/ (ce qui me permet de faire d'une pierre deux coups.

J'ai vu et mis ma blogroll à jour du coup.
Merci.
(Tu aurais pu faire trois coups et laisser ton site en lien sur ton nom...)

Bah non, c'est embarrassant (un peu comme toi qui ne votais pas pour toi). Et puis tu sais où me trouver.

Intéressantes, tes catégories.

Profitons du fait que tu ne fermes pas tes commentaires pour en ajouter un : une habitante de la zone en question a participé à ma promenade architecturale de dimanche dernier. Elle nous racontait que ses concitoyens qualifiaient ces bâtiments de "Disneyland", ce qui semble évident ou, plus original, de "maisons PlayMobil" ; et qu'ils ne voient dans tout ça qu'une lubie de leur maire.

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