• Origine et destinées
  • Un_ennemi_du_peuple
  • Part des CSP dans la population active
  • Stax at home
  • Plan 9 from jouy en josas
  • Jdcjdr
  • Sur la ligne de départ
  • Say cheese
  • Dés
  • Chinerussie

« délocalisation | Accueil | le conseil du bourgeois »

04 mai 2007

Commentaires

Denys

Cette histoire de répartition de la valeur ajoutée est une vaste blague. D'abord, tout change selon ce que l'on calcule, et il ne s'agit pas seulement des difficultés relevées chez Optimum : il faut par exemple réintégrer dans la rémunération du travail celle des non-salariés, travailleurs indépendants, professions libérales. Sur quelles bases ? Plus on place la barre haut, plus la part rémunérations sera gonflée.

Ensuite, les séries statistiques sur lesquelles s'appuient les gens d'ATTAC ont toujours comme origine 1983. Avec la stagflation de la fin des années 70, salaires indexés sur l'inflation et pas de croissance, la part des salaires avait augmenté au point de siphonner les revenus du capital : plus de revenus, donc plus d'investissement, la mort des entreprises à court terme, d'ou le tournant de la rigueur, et la fin de ce moment historique où la répartition a été la plus favorable aux salariés. Ensuite, forcément, elle ne pouvait que baisser. Prendre comme référence ce moment exceptionnel et pas une année moyenne, disons 1970, et faire comme si, c'est démontrer qu'on est un escroc.

Très joli thème, sinon ; mais ça fait plus septième que cinquième. On s'embourgeoise ?

aymeric

Sur le tournant de la rigueur et l'importance de Bérégovoy dans celui-ci il y a des pages très intéressantes dans le bouquin de Thesmar et Landier.
Sinon, pour l'embourgeoisement, ben on essaye...

Verel

Effectivement, la part plus importante des salariés dans la valeur ajoutée entre 75 et 85 est une parenthèse par rapport à une remarquable stabilité sur le long terme
Il faut rappeler que cette part accrue à en réalité coûté très cher aux salariés en question, qui l'ont payé par l'explosion du chômage (1.5 millions à mon avis, malheureusement de manière durable)
La déformation de la répartition est la conséquence des deux chocs pétroliers successifs qui ont été quasiment abosrbés par les seules entreprises (D Cohen l'explique très bien dans un de ses premiers livres, les infortunes de la propsérité je cois (sans garantie). Les mesures de la gauche en 81 ont accru le phènomène etst la pointe se situe en 1983, ce qui explique le plan de rigueur Delors Mauroy
La situation de la régie renault à, l'époque illustre bien les conséquences de ce partage: elle perd 10 milliards de francs en 1984.
La Sidérurgie fait pire: la part des salaires dans la valeur ajoutée est supérieure à 100%!
Les entreprises qui n'avaient pas l'Etat comme actionnaire ont disparu en masse à cette époque
Pas la peine de chercher ailleurs les causes de la montée du chômage que nous payons encore aujourd'hui

Denys

En dehors de cette explication commode du choc pétrolier, Verel est dans le vrai. Sauf que le prix dont il parle n'a pas été payé par tous les salariés, mais une partie seulement, ceux qui travaillaient dans les secteurs les plus menacés, sidérurgie, textile, mines (mais je crois me souvenir que, sur ce dernier point, Verel a un avis d'expert), et les moins qualifiés d'une manière générale.

J'ai quelque par dans mes archives un graphique extrait d'un rapport du CAE qui montre l'évolution de l'effectif des salariés de Renault par qualification entre 1955 et 1995, en gros. On voit que, entre 1970 et 1990, les effectifs ont été divisés par deux. Les OS, catégorie la plus nombreuse en 1970, avaient pratiquement disparu en 1985 ; les autres catégories étaient restées satbles, ou avaient augmenté.
C'est dans ces années-là qu'on a testé l'exclusion : on a vu que ça marchait pas mal, et on l'a gardée.

Verel

La courbe du partage de la valeur ajoutée (voir chez Denis castel article du 24 12 06) a bien était impactée par les chocs pétroliers
Pour ce qui est de l'évolution de l'empoli, on assiste dans les années 70 dans l'industrie à la révolution de l'automatisation

Dans cette révolution, les entreprises s'aperçoivent que les moins qualifiés ont beaucoup de mal à s'adapter à l'évolution des postes. Ils vont donc, pour éviter de se trouver confrontés au même problème plus tard, embaucher des gens dont ils pensent qu'ils seront capables de s'adapter. Dit autrement, ils vont surqualifier l'embauche

Comme il y a du chômage, ils peuvent le faire et ne s'en privent pas

Le chômage par qualification va donc très progressivement se déformer au détriment des moins qualifiés, et ce, malgré la part beaucoup plus faible que précédemment de ceux ci dans ceux qui sortent de l'école

maitenant, il faut faire attention aux outils pour mesurer. Le travail à la chaîne n'a pas disparu dans les usines automobiles. Simplement, on a changé la classification...
Ce qui n'epêche pas que la proportion d'ouvriers au total est passée sous la barre des 50% autour de l'année 1990

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.